Au delà de
notre commission départementale uci
fo 94 , animée par Jacques CAMPARGUE , que vous
pouvez contacter par notre site par e mail, ci-dessous la dernière
contribution de notre commission
FO CADRES du val de marne.
LA DEPENDANCE ?… CA DEPEND DE NOUS ! (Je, Nous,…
Tous !) (*)
... Ou la partie émergée de l'iceberg de
la Perte d'Autonomie... Essaie t on de "l'enfoncer" avec les
nouvelles "mesures" qui nous indignent ?... Voilà qui s'avère
aussi agaçant que... glaçant !!!
Si l’on en croit le rapport publié le mercredi 18 mai 2011 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la tendance d’ici à 2050 se traduit par un doublement, voire un triplement des dépenses du secteur de la dépendance, estimées en 2008 à 1,5 % du PIB des « pays riches ». La hausse est mécaniquement liée au vieillissement de la population : les plus de 80 ans représenteront en effet 10 % de la population des 29 États pris en compte dans cette étude, contre 4 % aujourd’hui. Le Japon devrait même voir son taux de personnes âgées atteindre 17 % et l’Allemagne 15 %.
Mais au-delà des évolutions démographiques, des mutations
sociales radicales compliquent encore la prise en charge des seniors. Les liens
intergénérationnels, communautaires et familiaux tendent à se relâcher, et les
femmes, qui constituent les deux tiers des aidants, travaillent davantage, et
plus longtemps. La tendance est lourde et ne semble pas, selon les dispositions
gouvernementales prises, ou en passe d’être prises à court terme, devoir
s’inverser,… au moins pour l’instant. Dans ces conditions, il va bien falloir
se pencher aussi sur le cas de ceux qui ont fait le choix d’accompagner leurs
ainés dans la dépendance, en répondant aux divers besoins exprimés. Il est
d’ailleurs diverses acceptions du terme de « dépendance », et
cette notion recouvre à l’évidence,
plusieurs aspects. Nous en déclinerons l’essentiel…
Un invariant qui nous
est… propre !
Dépendance, indépendance ?…
Notre « addiction » à l’indépendance, en l’espèce s’avère aussi
réelle que totale,… on pourrait même dire, qu’elle est consubstantielle à
notre Formation ! Nous n’insisterons pas sur certaines
« nécessités », pour nous évidentes, soucieux que nous sommes de
conserver justement, cette… indépendance, cette Liberté ! Cela constitue,
pour Nous, une marque de fabrique, un principe, notre Valeur ! Si ces
notions ne s’avèrent pourtant pas des plus répandues, elles ne sont, de
surcroît pas nécessairement… partagées. Raison de plus pour les réaffirmer dans
ces prémices avec toute notre force !
Le regretté Edgar Faure ( ?)
avait fait sourire, à l’époque avec son sens de la formule et
« l’indépendance dans l’interdépendance »…
Nous tenons et tenons fort,
décidément, à cette notion d’indépendance !
Mais il y a dépendance et
indépendance l’une, subie, et c’est l’objet de notre dossier, avec la recherche
de solutions pour pallier bon nombre d’inconvénients qui y sont associés. Et
c’est bien sur, comme à l’accoutumée en toute indépendance, celle qui constitue
le second terme de l’alternative, que nous allons, ensemble, progresser !
Notre
organisation s’est souvent sentie un peu seule sur le dossier des
« Services Publics ». Pire, nous avons eu le sentiment de ne pas être
accompagnés lorsque nous avons dénoncé le caractère insidieux, (quand il
n’était pas brutal), de la mise en question de la Protection Sociale Collective
issue des ordonnances de 1945. Les principes qu’il n’est jamais inutile de
rappeler, peuvent se résumer de la façon suivante, et l’encadrement s’y
retrouve parfaitement bien : la solidarité nationale est bien
constituée par une contribution de chacun en fonction de ses moyens avec, en
corollaire, une redistribution en fonction de ses besoins. Ce concept,
ciment de la République et seul susceptible d’assurer la cohésion sociale,
semble de plus en plus remis en cause, avec un néo libéralisme qui n’avance
même plus masqué ! La faute à qui ? Que de couleuvres n’a-t-on pas
avalées au nom de l’Europe qui en l’espèce a « bon dos » ! Et si
nous ne sommes pas rancuniers,… notre mémoire reste intacte ! Mais notre
détermination, aussi !
«Le cinquième risque » ? Un risque … maximum !
Ce qu’il
est coutume d’appeler le « Cinquième Risque », se doit donc nécessairement,
de trouver sa place dans le dispositif précité : et à l’évidence, dans
le Service Public de la Sécurité Sociale, au risque de paraître insister,
et de paraître à ce titre, quelque peu redondants, nous dirons même,…
exclusivement ! Nous ne saurions transiger sur ce point. Voilà qui
range au rayon des accessoires, et donc a priori, un système assurantiel privé.
Si cela va sans dire, il nous semble que cela va (encore) mieux, en le disant
et en le réaffirmant avec force ! Le diable est toujours dans le
détail, c’est la raison pour laquelle des bases explicites, limpides, et sans
équivoque… se doivent d’être posées. On voit bien les concentrations qui
s’opèrent, prêtes à se saisir du pactole ! Raison de plus pour nous
mobiliser !
Une dépendance « encadrée » et hiérarchisée
Actuellement,
le niveau de dépendance est classé en Groupes Iso Ressources (GIR), de 1 à 6.
Le 1 correspond aux personnes les plus dépendantes, et le 6, à celles qui le
sont le moins. Les catégories 5 & 6 n’ouvrent pas droit à l’Allocation
Personnalisée d’Autonomie (APA). Pour ces personnes, (GIR 5 & 6), c’est à
dire les moins dépendantes, leur prise en charge (partielle) des heures de
service à domicile, est aujourd’hui réalisée notamment par les caisses de
retraite, sur leurs fonds d’action sociale. Un élargissement, avec la partie de
bras de fer entre l’Etat et les collectivités territoriales, en matière de
ressources, n’est pas de nature à rassurer…
Une structure existante : la CNSA
La Caisse
Nationale de Solidarité pour l'Autonomie des personnes âgées
et des personnes handicapées (CNSA), répond bien à l’exigence de prise en
charge publique,… quoique « financée » ( ?) par la très
célèbre journée de pentecôte qui a marqué les esprits,… sans pour autant les
éclairer. Néanmoins la structure, en dehors de son financement, répond, et à la lettre, au besoin évoqué. Il resterait,
pour prolonger cette logique, à mettre la CNSA sous la tutelle de
l’Assurance Maladie. Et que l’on n’aille pas alléguer une quelconque
difficulté structurelle ! Ce type
de lien existe déjà pour les Commissions Accidents du Travail et Maladies
Professionnelles (CAT & MP), et ladite structure fonctionne de la façon la
plus satisfaisante ! L’affaire serait elle entendue ?
Une attention toute particulière reste à porter… au calendrier.
La nature
du « cadencement » que l’on va nous proposer s’avère essentiel !
Il a trop souvent été le prétexte à des pseudo «
avancées provisoires », quelquefois sous couvert…
« d’urgence ». Leur caractère insidieux, et trop discret pour être
honnête n’a pas fait longtemps illusion !… C’est ainsi que progressivement
des transferts de charges, par exemple, se sont retrouvés imposés aux assurés
sociaux ! Les cas, en terme de déremboursements sont légion ! Le
risque existe, il s’avère de surcroît aussi réel qu’omniprésent !… Le fait
de passer d’un système à un autre, avec ce glissement progressif du public au
privé n’a rien d’anodin. C’est justement ce risque,… que nous ne voulons pas
prendre ! Et nous assumons nos choix ! Souvenons nous bien, toujours, que les charges de gestion de la
Sécurité Sociale s’élèvent à 6% ! Ce pourcentage est à rapprocher des 14%
des assurances privées !… Ceci dit «afin que nul n’en
ignore », ne constitue pas un détail !
Le « reste à charge » ? Certes !… Mais pour
qui ?
Il s’agit
bien du caractère central du dossier dans un contexte d’évolution démographique
réel. Diverses hypothèses existent, d’autres restent à trouver, voire à
inventer, pour les financements. Elles prennent en compte le coût du risque
associé aux mesures de prise en charge du financement des dépenses (et les
ressources qui s’y attachent). Seul le principe de solidarité nationale nous
paraît en cette occurrence, susceptible de se trouver retenu,… et que l’on ne
revienne pas sur cette vieille lune d’une « nouvelle » journée
de solidarité. Nous avons, en cette occurrence, le sentiment d’avoir déjà
donné, dans des circonstances ubuesques, auxquelles plus personne ne comprend
grand chose… Où est le « souffle » attendu ?
Pour les financements, ça dépend… aussi : « A vot’ bon
cœur ? »
Diverses
pistes sont d’ores et déjà envisagées tel un financement par la CSG ? Mais à
quel taux, sur quelle assiette et qui sera concerné ? Quant à une taxe sur
l'ensemble des mutations à titre gratuit (successions et donations, hors
transmission d'entreprises et d'outils professionnels), on
« risque »,… dans cette hypothèse, de changer de « champ »,
voire de galaxie,… avec cette récupération sur le patrimoine (des personnes
âgées malades ou non). Et l’on risque de revenir « à la discrète » à une
logique d’aide sociale (comme avant 1945) ! Ce phénomène ne manquerait pas
de constituer une régression sociale sans précédent. Que deviendrait, dans ce
cas, le principe de solidarité ? Mais ce tour de passe passe, d’ailleurs,
ferait t il le compte ? En dehors des aspects strictement financiers,
rien ! Rien, en terme de projet de société pour demain, ni ici, ni
ailleurs.
Alors ? Combien au
bout… du compte ?
Il restera à considérer
la réduction du reste à charge des personnes âgées aux revenus moyens dans les
Etablissements Hospitaliers pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), et
l'amélioration de l'APA à destination des plus dépendants. Mais ceci devra
avoir pour conséquence, un soutien aux départements en difficulté et
corrélativement, une action en direction des services à domicile !…Il
semble plus que jamais nécessaire de rappeler le contexte dans lequel nous nous
situons ! Il s’avère décidément aussi connoté que (pré)déterminé, et les
options à prendre n’ont, en l’espèce, rien d’anodin ! Afin d’illustrer le
propos, il est loisible de préciser que le partage du « profit » se
« répartit »( ?), selon le rapport rendu en 2009 par Jean
Philippe Cotis au président de la République, en 57% pour l’investissement, 36%
aux actionnaires et 7% aux salariés !… Un aveu ?
(Mal) traitance et
Service Public
Le désengagement impulsé par les
restrictions budgétaires ouvre des autoroutes à l’appétit des grands groupes
financiers qui créent des structures décidément très lucratives.
Quand on voit comment se trouvent
(mal) traités les Services Publics
existants comme l’Education Nationale, la Protection Sociale Collective,
la Santé, etc… mais chacun connaît tout cela,… on est en droit d’exiger une
qualité éminente de ce Service de type CNSA : il nous concerne et
concernera tous à un moment ou à un autre.
C’est aussi une exigence d’égalité dans le
traitement républicain de l’avancée en âge (de raison)… Et sur ce point nous
pensons justement,… avoir raison,… et nous disposons là, d’une… bonne raison de
monter au créneau avec toute la détermination nécessaire ! .
Refusons la ghettoïsation et l’exportation de nos
anciens dans des quartiers sécurisés pour personnes âgées, ou dans des pays,
certes plus lointains, mais qui disposent d’une culture familiale plus ancrée.
Pour paraphraser
un slogan de 1968… : « Soyons réalistes
assumons l’impossible », dans ce type de circonstance, nous pourrions bien nous
donner les moyens de l’exiger !
A l’heure de mettre sous presse, tout en maniant l’oxymore
« plus que jamais », il est loisible de craindre que l’étude du
dossier « Dépendance », soit différée dans le temps. Ainsi, dans
l’obscure clarté qui tomberait des « étoiles » ( ?)
gouvernementales, le dossier serait en passe… de passer à la trappe !…
Serions nous en présence d’une nouvelle « règle », devenue… la Règle
« dort » ! Au secours, la belle au bois dormant ?
(*)
Pour Force Ouvrière entendre la perte d’autonomie quel que soit l’âge.
La Commission uci fo
94- septembre 2011